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CARNET DE NAUFRAGE
Documentaire de création de 52 mn
de
Claudine BOURBIGOT - Elisabeth FEYTIT
RESUME
1934, une révolte éclate au pénitencier pour enfants de Belle-Île en mer ; si durement réprimée que l’opinion s’en émeut.
Jacques Prévert et Marcel Carné, en s’emparant de ce fait divers, ignorent que “ La fleur de l’âge ” deviendra l’une des fictions mythiques de l’histoire du cinéma.
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SYNOPSIS
Ce n’est un secret pour personne, “ La fleur de l’âge ” est un film inachevé et disparu de Marcel Carné et Jacques Prévert. Son histoire, tout autant que son sujet, rivalise de rebondissements.
Tout commence par un fait divers. En 1934, à Belle-île, les jeunes détenus du pénitencier pour enfants se révoltent et s’évadent. Les touristes, la population se joignent aux forces de l’ordre pour les récupérer, la cavalcade ne dure que quelques heures, la répression est immédiate et sauvage. La presse s’en émeut, Jacques Prévert, lui, écrit “ Chasse à l’enfant ”, un poème qui dit : “ pour chasser l’enfant, pas besoin de permis, tous les braves gens s’y sont mis ”.
En 1936, il rencontre Marcel Carné. Jacques Prévert, hanté par le sort des jeunes évadés de Belle-île écrit un premier scénario : “ L’île des enfants perdus ”.Carné se propose d’en faire la réalisation et c’est le début d’une épopée où projets de tournage, veto de la censure et craintes du Ministère de la Justice se télescopent.
En 1939, sur le point d’aboutir aux États-Unis, “ L’île des enfants perdus ” est interdit de tournage.
La guerre passe. Arletty déclarera en 1983 sur les ondes de Radio France : “ La fleur de l’âge, c’est un monsieur qui voulait absolument me voir revenir. Et moi je ne voulais pas. Il me dit qu’est-ce que vous voudriez ? Je lui dis : je ne voudrais travailler qu’avec ma même équipe Carné, Prévert et des tas de techniciens. Et comme vous ne les aurez pas, n’insistez pas.
Quinze jours après, il les avait. Voilà l’histoire ”.
En 1947, un producteur, Nicolas Vondas veut absolument faire un film avec Arletty. Carné et Prévert lui proposent “ L’île des enfants perdus ”.
Prévert s’enferme pour écrire car le rôle de l’héroïne était celui d’une toute jeune fille et Arletty a près de 50 ans. De plus, au sortir de la guerre, on ne souhaite plus produire de films noirs et sociaux. Vondas exige que l’on ajoute à l’histoire d’origine des scènes galantes et amusantes. Carné en repérage avec Alexandre Trauner se heurte à l’institution pénitentiaire et n’obtient l’autorisation que de pénétrer une seule fois dans la cour du pénitencier avec l’expresse consigne de ne s’approcher en rien, dans la reconstitution qui sera faite, des bâtiments existants. De plus, l’administration pénitentiaire obtient le changement du titre et “ L’île des enfants perdus ” devient “ La fleur de l’âge ”.
De l’intérieur du pénitencier, on s’indigne de l’écho fait dans la presse autour du prochain tournage de ce film. Tout le monde en parle, il faut dire que la distribution est exceptionnelle : Arletty, Martine Carol, Serge Reggiani, Anouk Aimée, Paul Meurisse…, Trauner réalise les décors, Joseph Kosma signera la musique.
Margot Capelier se souvient : “ Etre une bleue sur un monstre pareil, c’était comme une féerie, je regardais avec une admiration sans borne des gens courir dans tous les coins ! ”
Carné fait passer des centaines d’auditions, Pierre Trabaud, Jacques Fonson, Huguette Faget sont, avec Anouk Aimée les derniers survivants de cette distribution.
À Belle-Île, lorsque l’équipe débarque c’est la liesse pour beaucoup d’autant que nombre de Bellilois sont réquisitionnés pour les besoins de cette énorme production. Là-bas on a pas oublié : “ C’était quelque chose le tournage de la fleur de l’âge ” dit encore Jojo Nédélec des lumières dans les yeux.
Chacun égraine ses souvenirs, comment ne pas avoir été marqué par un film qui connut un destin aussi invraisemblable, “ tout était contre le pauvre Carné ” dit Henri Bédex, et de péripétie en péripétie le tournage est arrêté fin août 1947 après 4 mois de prises de vue pour le moins contrariées.
On ne parle plus sérieusement de “ La fleur de l’âge ” jusqu’en 1954, date de la disparition du montage de 25 minutes qui a pu être réalisé à partir des rushes.
Tout s’est d’ailleurs étrangement envolé à ce moment-là ; en plus du montage, rushes, négatifs, autres copies de travail…
Beaucoup ne se satisfont pas de cette version des faits et un peu partout, un peu tout le monde se met à chercher “ La fleur de l’âge ”.
Margot Capelier est officiellement la dernière personne vivante à avoir vu les rushes. Elle dit tout simplement : “ C’était d’une beauté rare ! ”
Mais où est donc passé “ La fleur de l’âge ” ?
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GALERIE PHOTOS
PHOTOS DU FILM
INTERVENANTS
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| Huguette |
Jacques |
Jean-Mau |
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| Jojo |
Lucie |
Marie |
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| Pierre |
René |
PHOTOS REPERAGE
PHOTOS DU TOURNAGE
Claudine BOURBIGOT
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