CONTES ET LEGENDES CORSE
Documentaire de 52 mn

de

Jean-Christophe BALLOT




RESUME


A travers les contes et légendes c’est toute l’identité d’un pays, de ses hommes, de sa mémoire collective, de ses espaces de vie qui s’expriment et s’incarnent.

Au-delà du récit écrit, le film a l’ambition de montrer les contes par la parole de ceux qui les ont conservés et les vivent à travers des traditions. Entre mémoire vivante et superstitions, les contes et légendes sont le fruit d’une longue tradition méditerranéenne.




NOTE D’INTENTION DU REALISATEUR



U na volta era … il était une fois les légendes, le fantastique, les délires ; les élucubrations, les dérapages de l’esprit ? Les envolées de l’imaginaire… Le merveilleux. Par une belle nuit d’été quand la pleine lune sème des reflets blafards sur le maquis. L’hiver quand il fait grand froid: la neige crisse sous les souliers et le conte est déjà là. L’esprit du bizarre hulule dans le grenier. Un chat noir fait briller ses prunelles vertes, ce sont les yeux du diable. Le vent remue une porte de la grange, les gonds, la chaîne et le cadenas grincent, ce sont les esprits qui reviennent se plaindre de leur sort.

I l s’agit de découvrir un aspect méconnu de l’île de Beauté : les histoires, contes, légendes ou superstitions qui nourrissent l’imaginaire du peuple Corse. Il ne s’agit pas de la « Grande Histoire » mais des récits que l’on raconte encore aux veillées ou au bistrot, en allant coucher les enfants ou encore en passant devant telle bergerie, telle maison en ruine, telle fontaine… lieu-dit dont le nom rappelle un fait qui s’y serait déroulé il y a bien longtemps, et dont les anciens se souviennent encore et qu’ils transmettent aujourd’hui aux jeunes.Des générations successives les ont modifiées, coupées, allongées, embellies ou rebâties. C’est la question de la tradition orale, et de la langue Corse, de sa transmission, de sa musicalité.

 

Le film donnera la parole à des personnages aussi variés que les vieux du village (ce sont eux qui ont la plus grande mémoire !) ; les enfants , dont le monde est nourri de références fantastiques, et qui ne discernent pas toujours la frontière entre réalité et imaginaire (ils nous réservent de jolies rencontres !), les bergers dont la vie est toujours marquée par de grandes périodes de solitude dans le maquis (et le surnaturel se manifeste plus volontiers à des êtres silencieux et solitaires) et bien sûr les adultes des petits villages qui organisent les processions, les veillées funéraires, et font un détour pour ne pas passer devant le cimetière…

Autant de rencontres que d’occasions de réaliser des portraits intimistes et de décrire en images l’univers dans le quel chacun vit : maquis, rochers aux formes étranges, cimetière, chemin de croix, maison chargée de souvenirs, ruines…

 

C ’est l’occasion de filmer la Corse au plus près de ses habitants dans leur cadre de vie, de la cabane du berger, à la margelle de la fontaine, au couteau sorti de la poche du pantalon en velours noir côtelé, couteau avec lequel l’homme va tracer le signe de la croix au revers de la miche de pain, avant de la couper.

C’est aussi l’occasion de filmer la Corse en plan large pour représenter la beauté de ses paysages, mais aussi la solitude du monde rural perdu dans ses montagnes, et la dimension fantastique qu’ils portent en eux… Parfois jusqu’au tragique.

C ertains contes très anciens remontent à la mythologie grecque. Ils sont souvent liés à une forme de genèse avec des rochers dont les formes évoquent un animal ou un personnage (zoomorphe ou anthropomorphe).

L e choix des contes devra restituer toute l’étendue du répertoire, des affaires criminelles aux évènements bizarres : la belle, le berger, le Malin, l’honneur du clan et la Vendetta, les épidémies et les batailles, les trésors cachés, le Mauvais œil, la sorcellerie et l’église, les bandits.

Il y a les énigmes préhistoriques avec des stèles aux inscriptions énigmatiques ; des lieux sacrés liés à des miracles chrétiens, ex-voto, Vierge Noire, miracles et apparitions, Saints guérisseurs, pénitents.

I l y a les illuminés, poètes, rêveurs, alchimistes, mages et astrologues ; le bestiaire fantastique avec les dragons et autres animaux fabuleux ; les créatures merveilleuses fées, lutins farfadets, mais aussi diable, sorciers et fantômes ; les superstitions locales, les croyances et coutumes, les rites de fécondité, de funérailles (les pleureuses) , de guérison.

« Il était une fois dans le petit bois… » car les légendes dérivent de l’âme rurale. Elles sentent le pain noir. Elles sortent directement des troupeaux et des champs : avec un peu de magie, des naïvetés religieuses, des savoirs élémentaires et une dose de poésie. Ces histoires n’auraient jamais existé sans la chèvre, le chien, le jambon qui sèche au grenier, le fromage et le vin qui s’affinent à la cave, le fruit du verger et l’eau si pure qui jaillit à la fontaine. Les objets quotidiens deviennent des symboles, des signes annonciateurs, les gens deviennent des oracles, des fées, des héros tragiques ou romanesques, et les simples lieux : le décor du drame.

L’arbre mort au fond du jardin incarne une menace. La chaise cassée abandonnée depuis l’été dernier évoque la personne qui nous a quittée. La croisée du chemin avec ses murets de pierres assemblées est l’endroit où la belle donnait ses rendez-vous au berger. C’est sur le calvaire dans la montagne que le curé du village entendit les voix qui lui dirent… Le travail de l’image consistera à porter un regard sensible sur les objets inanimés, et les espaces familiers pour en dégager la force évocatrice qu’ils ont en eux.

Ces histoires sont toute l’âme du terroir, et le film s’attachera à restituer ces récits et ces univers par des prises de vues des paysages de la Corse dans les différentes parties de l’île.

Jean-Christophe BALLOT


LIENS



Site web du réalisateur Jean-Christophe BALLOT - www.jcballot.com



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