J'AVAIS OUBLIE...
Documentaire de 52 mn

de

Nicolas RIBOWSKI



SYNOPSIS

 

Avec mon frère et ma sœur, nous avons rejoint la Maison des Eclaireurs Israélites de France à Moissac. Là-bas, on a sauvé ma vie et mon âme…

8 mai 2004 – Je retrouve 200 camarades sur la place principale de Moissac. Tous orphelins, nous avons entre 65 et 80 ans. Emus, nous nous préparons à une cérémonie officielle : nous nous apprêtons à inaugurer

une place en l’honneur de Shatta et Bouli Simon. Ce couple nous a sauvé la vie, à tous, entre 1939 et 1945.

Durant la guerre, Shatta et Bouli ont dirigé une maison-refuge pour les enfants juifs de France. Ils ont constitué et organisé, pendant cette trouble et dangereuse période, un des réseaux les plus extraordinaires de sauvetage d’enfants.

Dans un magnifique ouvrage intitulé « Morts ou Juifs », Catherine Lewertowski retrace cette fantastique aventure. Ce livre a été le déclencheur de mon envie de faire un film autour de la maison de Moissac et de mon enfance ; Catherine Lewertowski sera mon « guide historique » dans cette démarche.

Ce documentaire retracera, à travers ma petite histoire, la grande Histoire de la maison de Moissac ainsi que le destin de Shatta et Bouli Simon. Ce film sera mon cheminement vers le passé, à la recherche de mes souvenirs et en reconstruction d’une certaine mémoire collective en l’hommage à Shatta et Bouli Simon.

 



NOTE D’INTENTION

 

De l’arrestation de mes parents, de notre parcours jusqu’à Moissac, je n’ai aucun souvenir... Trahison de ma mémoire ou pudeur…mes premiers restes d’enfance datent de la maison de Moissac…et mêmes ceux-ci demeuraient jusqu’ici enfouis au fond de moi.

Le livre de Catherine Lewertowski a été un électrochoc pour ma mémoire. Ces mots couchés sur le papier ont en moi réveillé l’envie de me rappeler de cette période. Ce livre a levé un brouillard que je m’étais peut-être imposé. Cette prise de conscience, j’ai eu envie d’en faire un film. Raconter l’histoire de la maison de Moissac, de Shatta et Bouli, retourner sur les traces de mon enfance sont devenus des actes essentiels pour moi.

Je souhaite, à travers le témoignage des enfants de Moissac mais aussi à travers celui des Justes de la région, reconstruire ma mémoire et au-delà ajouter à la mémoire collective le souvenir de ce couple qui a pris soin de moi et de tout notre groupe.

Les témoignages des enfants de l’époque ne seront pas seulement ceux d’ « enfants cachés » ou de survivants. Ils témoigneront aussi sur les sentiments qui les ont accompagnés.


Car pendant cette période, Shatta avait donné à son institution une mission qui allait bien au-delà de sauver des vies. Généreuse, intelligente, organisée, courageuse, elle a su sauver les âmes, forger les esprits, éduquer...

Je veux raconter et comprendre l’histoire des enfants de la Maison de Moissac pour saisir comment Shatta et Bouli insufflèrent autant de vie là où rodait la mort.



Nicolas RIBOWSKI


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